Net à payer inférieur au simulateur : mutuelle, titres-restaurant, impôt, d'où vient l'écart ?
Le simulateur s'arrête aux cotisations légales. Mutuelle d'entreprise, titres-restaurant et prélèvement à la source retirent ensuite de 30 à 150 € par mois : exemple chiffré à 2 500 € brut et méthode pour retrouver l'écart sur votre bulletin.
Par La rédaction combienennet Mis à jour le 23 octobre 2026

Votre net à payer est plus bas que le net du simulateur parce que le simulateur s'arrête aux cotisations légales : il ne connaît ni votre mutuelle d'entreprise, ni vos titres-restaurant, ni le prélèvement à la source. Ces trois lignes peuvent retirer de 30 à 150 € par mois, sans qu'aucune erreur n'ait été commise ni sur la fiche de paie ni dans le calcul.
Ce que calcule le simulateur, et ce qu'il laisse de côté
Le simulateur de salaire brut en net applique les barèmes 2026 : assurance vieillesse (6,90 % sur la tranche 1, 0,40 % sur tout le salaire), retraite complémentaire Agirc-Arrco, contribution d'équilibre général, puis CSG et CRDS calculées sur 98,25 % du brut. Les taux et le plafond de la Sécurité sociale (4 005 € par mois, 48 060 € par an en 2026) sont détaillés sur la page des barèmes 2026 et la méthodologie du site.
Le résultat est un net avant impôt pour un salarié « standard » : il ne dépend que de votre brut et de votre statut. Il ne peut pas deviner les choix de votre employeur. Or la mutuelle, la prévoyance complémentaire ou les titres-restaurant relèvent de votre entreprise ou de votre convention collective, pas de la loi.
Un exemple de départ : 2 500 € brut par mois, non-cadre du privé. Le simulateur affiche 1 978,99 € net avant impôt, soit 521,01 € de prélèvements (le détail se lit sur la page 2 500 € brut en net). Gardons ce chiffre.
Mutuelle d'entreprise : la ligne qui explique le plus souvent l'écart
Depuis 2016, tout employeur du privé doit proposer une complémentaire santé collective à ses salariés, et en financer au moins la moitié (article L. 911-7, III, du Code de la sécurité sociale). Le salarié paie donc au plus 50 % de la cotisation du contrat collectif obligatoire. Une convention collective ou un accord de branche peut prévoir une prise en charge plus élevée.
Sur le bulletin, vous voyez deux lignes : une part patronale (informative) et une part salariale (retenue). Seule la seconde réduit votre virement.
La part patronale n'est pas totalement gratuite pour vous
Selon l'URSSAF, la contribution de l'employeur au financement de la complémentaire santé entre dans l'assiette de la CSG et de la CRDS, sans l'abattement de 1,75 % appliqué au salaire. Avec 9,2 % de CSG et 0,5 % de CRDS, une part patronale de 30 € représente 2,91 € de CSG-CRDS supplémentaires (9,7 % de 30 €), prélevés sur votre salaire. C'est la petite ligne qui fait qu'un net « à l'euro près » ne tombe jamais juste dès qu'une mutuelle existe.
La part patronale est aussi ajoutée à votre net imposable : l'administration fiscale la considère comme un complément de rémunération. Votre part salariale, déjà retirée de votre net, reste déductible du net imposable quand le contrat est obligatoire et collectif. Le net imposable du bulletin ne ressemble donc pas à celui d'un simulateur.
Dispense : un cas où l'écart disparaît
Certains salariés peuvent refuser la mutuelle de l'entreprise, à condition que l'acte qui l'institue le prévoie (article D. 911-2 du Code de la sécurité sociale) : CDD ou contrat de mission de courte durée, salarié déjà couvert comme ayant droit par le contrat obligatoire de son conjoint, temps très partiel. La dispense se demande par écrit, avec justificatif, renouvelé chaque année. Si c'est votre cas, la ligne mutuelle n'apparaît plus et votre net se rapproche du simulateur.
Titres-restaurant : une retenue à part, juste avant le virement
La part salariale des titres-restaurant se retire du net, en bas du bulletin, après le calcul du net avant impôt. Elle ne figure pas parmi les cotisations.
Pour que la part de l'employeur soit exonérée de cotisations, elle doit représenter entre 50 % et 60 % de la valeur du titre, et ne pas dépasser 7,32 € par titre en 2026 (selon l'URSSAF, la limite était de 7,26 € en 2025). Au-delà, l'excédent est soumis à cotisations et à l'impôt. Le salarié reçoit autant de titres que de jours travaillés avec un repas pris : le montant retenu varie donc d'un mois à l'autre, ce qui explique des nets à payer différents d'un mois sur l'autre pour un même brut.
Exemple chiffré : de 1 978,99 € à ce que vous recevez
Reprenons 2 500 € brut par mois. Mutuelle à 60 € par mois, financée à 50 % par l'employeur. Vingt titres-restaurant de 10 €, dont 6 € payés par l'employeur (60 %, sous le plafond de 7,32 €) et 4 € par le salarié.
| Étape | Montant |
|---|---|
| Net avant impôt du simulateur | 1 978,99 € |
| Part salariale de la mutuelle (50 % de 60 €) | − 30,00 € |
| CSG-CRDS sur la part patronale (9,7 % de 30 €) | − 2,91 € |
| Part salariale des titres-restaurant (20 × 4 €) | − 80,00 € |
| Montant avant prélèvement à la source | 1 866,08 € |
Les retenues de cet exemple (30 € de mutuelle salariale, 80 € de titres-restaurant) sont des hypothèses : votre contrat et votre nombre de titres les feront varier. L'exemple suppose une mutuelle seule, sans prévoyance ni prime. Il montre l'ordre de grandeur : plus de 110 € séparent le net du simulateur du montant qui précède l'impôt, avec un bulletin parfaitement correct.
Net à payer, net social, net imposable : trois montants à ne pas confondre
Le bulletin de paie présente plusieurs « nets » :
- Le net social sert au calcul de certaines aides (prime d'activité, par exemple). Il part du brut, après les cotisations salariales obligatoires. Notre page sur le montant net social détaille ce montant.
- Le net imposable sert à votre déclaration de revenus. Il réintègre la CSG non déductible, la CRDS et la part patronale de la mutuelle ; le prélèvement à la source s'applique à ce montant.
- Le net à payer avant impôt, puis le net à payer après impôt : on y retire la mutuelle, les titres-restaurant, puis le prélèvement à la source (voir le guide du prélèvement à la source). C'est le montant du virement.
Le simulateur s'arrête au net avant impôt, avant toute retenue propre à votre entreprise.
Retrouver l'écart sur votre propre bulletin
Quatre vérifications suffisent, dans cet ordre :
- Cherchez la ligne « Santé » ou « Complémentaire santé » : la part salariale est la différence entre le net du simulateur et votre « net avant impôt ».
- Cherchez une ligne « Prévoyance » ou « Complémentaire », plus fréquente chez les cadres et dans certaines conventions collectives (le guide cadre ou non-cadre explique la différence de cotisations).
- Au bas du bulletin, repérez « Titres-restaurant, part salariale » ou une ligne d'avantages en nature (véhicule, logement).
- Vérifiez le taux du prélèvement à la source, qui ne dépend pas de votre employeur mais de l'administration fiscale.
Si, après ces lignes, quelques euros manquent encore, relisez votre convention collective : elle peut prévoir des retenues propres à votre branche. Pour un écart que vous ne parvenez pas à expliquer, adressez-vous à votre service paie ou à un expert-comptable : lui seul voit votre contrat, vos accords d'entreprise et vos éléments de rémunération.
Questions fréquentes
Mon employeur peut-il me faire payer plus de 50 % de la mutuelle ?
Pas pour la couverture de base du salarié : la loi impose un financement patronal d'au moins 50 %. La famille (conjoint, enfants) ou des options facultatives peuvent en revanche être entièrement à votre charge si l'accord d'entreprise le prévoit.
Pourquoi mon voisin à salaire égal a-t-il un net différent ?
Mutuelle, prévoyance, titres-restaurant, Alsace-Moselle (1,30 % de cotisation maladie en plus), temps de travail et primes diffèrent d'une entreprise à l'autre. Le brut ne suffit pas à fixer le net à payer.
Les titres-restaurant diminuent-ils mon net imposable ?
Non : la part salariale est retenue sur le net à payer, sans effet sur le net imposable. La part patronale, dans la limite de 7,32 € en 2026, n'y est pas ajoutée non plus.
Le simulateur est-il faux si mon net est différent ?
Non, il répond à une autre question : combien reste-t-il d'un brut donné après les cotisations légales. Pour savoir ce que coûte ce même salaire à l'employeur, consultez le calcul du coût employeur.
Prochaine étape
Prenez votre dernier bulletin, saisissez le brut dans le simulateur, puis soustrayez ligne à ligne la mutuelle, les titres-restaurant et le prélèvement à la source : l'écart doit se réduire à quelques centimes d'arrondi.
Sources
- URSSAF, « Les avantages en nature » et « Comité social économique (CSE) : quelles nouveautés pour 2026 ? », limite d'exonération de la participation patronale aux titres-restaurant, 2026, urssaf.fr
- Légifrance, Code de la sécurité sociale, article L. 911-7 (financement par l'employeur d'au moins la moitié de la couverture collective à adhésion obligatoire), legifrance.gouv.fr
- Légifrance, Code de la sécurité sociale, article D. 911-2 (cas de dispense d'adhésion), legifrance.gouv.fr
- URSSAF, « La CSG-CRDS » (contributions patronales de complémentaire santé et de prévoyance, assiette sans abattement), 2026, urssaf.fr
- URSSAF, « Mettre en place une complémentaire frais de santé obligatoire », 2026, urssaf.fr
- Barèmes 2026 de combienennet.fr (plafond de la Sécurité sociale de 4 005 € par mois, taux de cotisations salariales, CSG et CRDS), combienennet.fr
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